Lorsqu’il eut décidé de la création de la Commission Nationale de Promotion et de la Protection des Droits de l’Homme qui n’est autre chose qu’une institution d’influence , l’Etat incarné par le Président de la République, s’est délibérément déterminé à se protéger contre lui même des abus et autres dépassements de toute sorte susceptibles d’être perpétrés par l’administration et ses agents de tous grades, au préjudice des citoyens, dont les recours en réparation devant les juridictions administratives, se sont toujours avérés incertains et sans résultat. Cette volonté politique d’en finir avec l’arbitraire qui pour des raisons multiples n’a jamais cessé d’être inhérent a notre société et de se délester définitivement de toutes les pratiques déviantes et antidémocratiques qui ont caractérisé l’histoire récente de notre pays, est en premier lieu imputable au Président de la République dont l’ambition déclarée a toujours été celle d’initier à l’édification d’un Etat de droit dans toute l’acception du terme avec la participation active de toutes les grandes institutions étatiques, de la société civile et des citoyens dont les prétentions légitimes aspirent avec force a une société démocratique, respectueuse du droit des personnes et de la légalité comme cela est par ailleurs exigé par les lois républicaines de ce pays. Les droits de l’Homme étant avant tout une culture nationale et collective a laquelle il faut du temps et des moyens humains pour se répandre et prospérer, et les résultats obtenus à ce jour n’étant pas évidents, il se rencontre ceux qui doutent et qui ne croient nullement à la volonté de l’Etat de se démocratiser autrement que dans l’apparence et d’embrasser spontanément la religion des Droits de l’Hommes et tout ce qui s’y rattache. A ceux la il sera répondu que s’il est de leur droit le plus strict de refuser de croire aux seules promesses , il n’est nullement nécessaire en revanche d’entreprendre d’affronter l’Etat par des propos seulement réprobateurs pour pouvoir le ramener a une meilleure appréciation de la réalité nationale en matière des Droits de l’Homme, mais que leur combat n’est d’aucune façon inutile en ce sens qu’il aide a l’évolution de la situation même si la satisfaction qu’il engendre n’est ni entière ni immédiate, et que la méthode empruntée ne dispose pas me semble t’il de l’efficacité, de la persuasion par la réflexion en commun Cela étant de par leur nature même à la fois immatérielle et volatile, les Droits de l’Homme sont un combat qui ne cesse jamais et qui est appelé a se poursuivre aussi longtemps que continueront à exister ceux qui en sont les prédateurs. Mais ma conviction demeure que l’Etat est par vocation et par devoir ,le défenseur le plus efficient des Droits de l’Homme et que plus l’Etat est conforté dans son autorité, morale mieux il accomplira cette mission qui lui est ainsi dévolue et qui relève du service public, chaque citoyen devant apporter a cet égard sa contribution la plus intense afin de persuader ceux qui nous gouvernent et qui nous administrent au quotidien, que le respect des personnes et du droit des autres représente un devoir citoyen et constitutionnel auquel sont subordonnés et le salut de la République et l’avenir du pays.

KSENTINI Mustapha Farouk

Président CNCPPDH.