Préface du Rapport

En notre pays dès l’avènement de l’indépendance, les Droits de l’Homme au nom desquels avait été pourtant menée la Guerre de Libération Nationale, ont été unanimement considérés alors comme une affaire secondaire, L’édification d’un Etat fort et centralisé, la mise en place des institutions, les options économiques, la justice sociale, la généralisation de l’enseignement, la place à regagner de l’Algérie dans le concert des Nations ayant été considérés, en ce temps, là comme les priorités absolues auxquelles il importait de consacrer tous nos efforts avec toute la détermination politique et citoyenne nécessaire.

Cependant, avec le temps lorsque l’Algérie fut redevenue le pays reconnu, respecté et apprécié en ce qu’il représentait l’exemple même de la résurrection ayant triomphé d’un impitoyable bastion colonial, le monde ayant par ailleurs changé, les priorités se sont inversées, et les Droits de l’Homme sont devenus à la fois une affaire primordiale et l’affaire de tous.

Et à cet égard, il nous a été rendu possible d’observer que la question des Droits de l’Homme et la nécessité d’édifier un Etat de droit sont des sujets qui font l’unanimité des Algériens, gouvernants et gouvernés, toutes sensibilités confondues au premier des rang desquelles on retrouve la société civile, les associations et les partis politiques.

Mais les Droits de l’Homme étant avant tout une culture dont la diffusion et l’épandage nécessitent du temps et des moyens et alors même que la législation appropriée existe mais qu’il est toujours rendu difficile d’appliquer correctement en l’état de la bureaucratie administrative et judiciaire, notre pays ne progresse que modestement en la matière et s’attarde à devenir un Etat de droit dans toute l’acception du terme, à telle enseigne qu’il est injustement vilipendé dans leurs rapports annuels etablis par certaines organisations non gouvernementales des Droits de l’Homme qui ne sont pas elles mêmes exemptes de tout reproche et qui sont souvent idéologiquement manipulées

Alors que nous reste –t-il à faire à l’effet de quitter l’ornière qui nous entrave encore, sinon exhorter à une application correcte de la législation en vigueur, ce qui est l’affaire de la Justice, les magistrats étant les premiers défenseurs des Droits de l’Homme, et appeler la Justice elle-même à s’interdire de faire chambre à part avec le droit, l’objectif à atteindre n’étant nullement hors de notre portée

Maitre Mustapha Farouk KSENTINI

Revue de Presse Rapport annuel 2014

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