Introduction

La Commission Nationale Consultative pour laPromotion et la Protection des Droits de l’Homme n’a pas manqué, au cours de ses différentes activités en 2010, de mettre en perspective la question des droits de l’homme pour mieux l’apprécier en fonction des tendances lourdes contemporaines. Elle a noté, ce faisant, qu’à la faveur d’événements survenus à travers le monde, certaines interprétations liées aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales prenaient une certaine distance par rapport aux textes fondateurs internationaux. Elles émanent de pays qui ont cependant ratifié ces derniers et qui opèrent des analyses lato sensu pour défendre stricto sensu des intérêts particuliers ou des enjeux nationaux spécifiques, en développant une argumentation selon des grilles jugées irrecevables lorsqu’elles émanent de pays considérés non encore démocratiques. L’herméneutique, nous apprend certes que le sens d’un texte n’est jamais définitif, mais qu’il se révèle dans une succession d’interprétations différentes. En vérité, il ne s’agit pas de souscrire à des accords de principe sur les droits de l’Homme en les ratifiant, pour ensuite les transgresser sous couvert d’intérêts étatiques, privés ou autres. La Commission Nationale, pour sa part, s’en tient, non seulement pour l’élaboration de son rapport annuel, mais pour l’ensemble de ses activités, au respect objectif et serein des principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, sans toutefois s’enfermer dans une démarche univoque qui consisterait à refuser le débat d’idées contradictoire enrichissant. Faut-il, d’année en année, focaliser l’attention beaucoup plus sur les droits économiques et sociaux en occultant les autres droits parce que la conjoncture impose un tel choix, ou au contraire prioriser les faits enregistrés durant la période considérée et les évaluer selon la connotation qu’ils recèlent ? Le but recherché par la Commission Nationale est de fournir un diagnostic de l’étape en basant son analyse sur le diptyque « progrès réalisés- retards enregistrés », et ce, en comparant l’année de référence à l’année précédente et/ou à d’autres années jugées significatives. S’agissant de la « primauté des droits politiques ou de la primauté des droits économiques », des clivages existent entre les positions des pays du Nord et celles des pays du Sud. De telles divergences s’estompent hors du champ politique en inscrivant la démarche dans la vision supra qui privilégie l’identification des lacunes restant à combler, dans les différents domaines des droits de l’homme, qu’ils soient politiques, sociaux, économiques, culturels ou environnementaux. Quoi qu’il en soit, soulignant l’importance accordée à la protection contre la misère, la Déclaration universelle reconnaissait pour la première fois des droits économiques et sociaux à égalité avec les droits civils et politiques. Selon son article 22 : «Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays». L’importance des questions sociales et des modalités de leur prise en charge interpellent la Commission Nationale et soulèvent ipso facto la responsabilité des pouvoirs publics face aux revendications des citoyens qui expriment leur mécontentement par des manifestations de violence. La société civile est un acteur incontournable dans la problématique de promotion et de protection des droits de l’homme. C’est pourquoi, la Commission Nationale a oeuvré à construire, tout au long de l’année 2010, un cadre de débats et de mobilisation qui favorise les convergences indispensables à la défense et à la sauvegarde des droits et libertés avec tous ceux qui partagent ces préoccupations et souhaitent travailler ensemble à leur concrétisation.