Introduction

Le rapport annuel 2007 sur l’état des Droits de l’Homme en Algérie a mis l’accent sur les avancées substantielles enregistrées dans le cadre de la promotion et la protection des Droits de l’Homme, suite aux efforts déployés durant l’année par la Commission Nationale Consultative de Promotion et de Protection des Droits de l’Homme (Commission Nationale) aux niveaux économique et social ainsi qu’au plan de l’impulsion et de la diffusion d’une culture des Droits de l’Homme au sein de la société en général. Le rapport a relevé néanmoins un déficit important en matière de communication, maillon faible qui a bridé les objectifs d’une bonne perception par les citoyens du vaste champ d’emprise des Droits de l’Homme. Cette volonté d’information et de transparence a été maintes fois rappelée par le Président de la Commission Nationale aux différents membres de l’Institution pour les inciter à «développer une stratégie de la communication à même de supprimer les incompréhensions et les préjugés de toutes sortes qui opacifient les relations entre les citoyens et les organismes publics et privés».

1 Le rapport notait par ailleurs la nécessité d’inscrire dans la conscience nationale les valeurs intrinsèques véhiculées par les Droits de l’Homme.

Par la démarche qui l’inspire et les thèmes qu’il a abordés, le rapport 2008 privilégie une approche de dialogue et de concertation élargie, fondée sur des informations fiables et des contributions des différents acteurs de la société civile. A cet égard, la lutte contre les inégalités constitue un point d’ancrage important au même titre que la lutte contre les disparités entre Hommes et femmes, et ce, en vertu des dispositions constitutionnelles qui visent l’élimination de toute discrimination fondée sur le sexe. Il y a lieu de noter que le respect des Droits de l’Homme est ressenti par les Algériens comme une nécessité incontournable, la lutte pour l’indépendance ayant été en priorité une lutte pour la reconnaissance des Droits de l’Homme algériens. Depuis l’indépendance, il est possible de dire que les différents textes de loi ont été surtout consacrés à l’affirmation du droit à l’identité, à la promotion des droits sociaux et à la concrétisation d’une forme de créance que les citoyens nourrissent encore à l’égard de l’État. De ce fait, la question de l’affirmation du concept des Droits de l’Homme à l’adresse de l’Etat et de ses concitoyens demeure d’actualité. Toutefois, si les efforts ont porté sur les Droits de l’Homme vis-à-vis de l’Etat, tout reste à faire dans l’exercice de ces Droits vis-à-vis des concitoyens (violence, groupes maffieux, corruption). Par ailleurs, les mutations économiques engendrées par les réformes posent, en des termes nouveaux, la problématique des Droits de l’Homme dans le contexte de la transition vers une économie de marché.